Carl Larsson au Petit Palais (7 mars 2014 - 7 juin 2014)

"Ce petit livre de Carl Larsson car il peint le bonheur"...

Ces mots, écrits par ma mère sur la page de garde d'un livre de Carl Larssson, offert pour mes 20 ans, je m'en souviens encore... Ce livre, je l'ai toujours... Dans cette seule phrase, tout est dit...

J'ai eu la chance de visiter l'exposition qui lui fut consacrée à Stockholm cet été à la Konstakademien... Je suis ravi d'apprendre que l'exposition arrive à Paris au printemps prochain, dans ce lieu magique qu'est le Petit Palais! Date est prise, j'y serai!



"Carl Larsson, l'imagier de la Suède"
Petit Palais (Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris)
7 mars 2014 - 7 juin 2014
http://www.petitpalais.paris.fr/fr/expositions/carl-larsson-1853-1919-limagier-de-la-suede

Une pivoine blanche prête à éclore

La soirée avait été rieuse, gourmande, heureuse. Dernières embrassades et le voilà dans la rue, sous une petite pluie fine. Il ne fait pas si froid. Coup d’œil rapide sur le boulevard, à la recherche de la lanterne verte d’un taxi libre. Rien à l’horizon, tant pis, pas de taxi, il prendra le dernier métro, après tout, seules quelques stations le séparent de la maison. Par ailleurs, dans cette partie de Paris, le métro est aérien, loin des rats et des odeurs, à l’air libre, près de la vie. Il remonte son col, boutonne son pardessus, et s’engage sur l’escalateur de la station qui le monte rapidement sur le quai. Courte attente, la rame arrive dans un fracas amorti par ses pneumatiques. Sa voiture est presque vide, seuls deux grands post-adolescents s’y tiennent péniblement debout en riant. Les stations défilent vite, déjà il traverse la Seine, et par la vitre de la rame, il aperçoit la Tour Eiffel, qu’une fois encore il regarde avec des yeux d’enfant, un peu seul dans cette ville qu’il aime tant. Mais la vision est éphémère, car déjà le convoi s’engouffre sous Passy, encore un instant, et il ouvrira d’un clac métallique la porte de la rame. La station, si bondée de touristes en journée, est quasi-vide, si proche que l’on est de l’heure de fermeture. Quelques marches et le revoilà sous la fine pluie de Décembre, au travers de laquelle pointe la Lune quasi-pleine ce soir. Quelques passants traversent la rue d’un pas pressé, il continue son chemin. Il s’engage désormais sur le tapis rouge, déroulé devant son immeuble depuis quelques jours. Une porte, un escalier, un tour de clé, le voilà rentré. Sans qu’il ne sache pourquoi, l’envie le prend, l’envie d’écrire, l’envie d’écrire à une fleur, une fleur prête à éclore, une pivoine blanche prête à éclore.
***
Réveillée tôt, mais restée un temps emmitouflée dans sa couette, elle quitte son lit encore chaud pour se diriger vers la cuisine. Alors que le café se met lentement à couler, elle quitte la pièce et se dirige vers le salon, vers sa platine. Elle saisit un vinyle et décide de commencer sa journée par un petit plaisir simple du matin. Elle veut écouter un titre particulier, ce titre là et pas un autre, ce titre qu’un homme lui a inspiré, un homme assis dans une rame de métro, le regard bloqué sur une tour métallique scintillante. Assise à ses côtés, voici ce qu’elle lui aurait susurré de son soufflé doux et léger, voici ce qu’elle lui aurait soufflé à l’oreille : 
“They won't know who we are
So we both can pretend
It's written on the mountains
A line that never ends…”
***
Comme par enchantement, le film repart de manière soudaine en arrière… Tout est accéléré et inversé… Les escaliers de l’immeuble en marche arrière, le tapis rouge dans la rue, la fine pluie qui remonte vers les cieux, les rares passants en moon walk traversant les rues à reculons sous la pleine lune… Et déjà, le revoilà dans cette rame de métro, sur ce même pont de Bir Hakeim. Il se souvient maintenant. La marche du temps repart en avant. Il regarde de nouveau la grande tour néo-byzantine scintillante par la vitre du wagon, toujours avec ses mêmes yeux d’enfant. Mais quelque chose à changé. Sur la vitre qu’il pensait ne renvoyer que son reflet, il distingue une jeune femme fleur à ses côtés… Il ne la connaît pas encore vraiment, mais sa présence étrangement le rassure, alors qu’elle lui souffle à l’oreille une douce mélancolie danoise… De peur de la voir s’envoler, il ferme les yeux sans se retourner, sans la regarder, et continue son voyage à l’écouter…
***
Ce soir, alors qu’elle passera sur ce pont, pour rejoindre les siens, une image, un souvenir artificiel apparaîtra dans sa mémoire, et une musique imaginaire résonnera en silence dans la rame…


Auguste Perret, Huit Chefs-d’œuvre !/? Architectures du béton armé


Dimanche milieu d'après-midi, le pâle soleil de Décembre réchauffe nos coeurs... Petite balade dans le quartier, un saut au Musée Galliera, bof... Petit crochet par le Panthéon Boudhique, le jardin japonais est tout triste sans l'été... Que fait-on, on rentre? Tiens, j'ai entendu parler d'une exposition au Palais d'Iéna, on y va? Bien nous prit! Exposition extraordinaire sur Auguste Perret, architecte de talent spécialiste du béton armé... Des maquettes, des photos, des plans, des croquis,... Bien sûr, on connaît tous son Théâtre des Champs Elysées. Mais regarde, cet immeuble, près de la maison, qui attire à chaque fois notre regard, je ne savais pas que c'est également à lui qu'on le devait! L'exposition est brillante, la mise en scène superbe! Et comble du bonheur, nous avons eu droit à un récital sur un vieux Pleyel à queue... Rachmaninov... C'est décidé, j'y retourne le weekend prochain!

« Auguste Perret, Huit Chefs-d’œuvre !/? Architectures du béton armé »
Tous les jours du 27 novembre 2013 au 19 février 2014 (11h – 18h) - Gratuit
Palais d’Iéna, Siège du Conseil économique, social et environnemental
9 place d’Iéna - 75016 Paris
www.expositionperret.fr

Quemar las naves... Brûler les navires...

Veracruz... Le soleil brûle ce nom... La chaleur l'étouffe... 500 ans déjà nous séparent de l'arrivée d'Hernán Cortés sur cette côte mexicaine... Un demi-millénaire... Une presque éternité... Pour ne pas succomber à la tentation de repartir, le conquistador espagnol prend la douloureuse décision de brûler ses navires... Quemar las naves... C'est ce que retient l'histoire, en vérité, il les saborde dans la baie, les embarcations coulent, sombrent, sont engloutis dans les profondeurs de l'océan... Brûlés ou engloutis, le geste est le même, violent, le résultat identique, aucun retour en arrière possible, c'est fini...

Ce soir, j'ai une âme de matelot... J'ai semé le vent, 100 fois. J'ai récolté la tempête, 1 fois. Une tempête lente à se lever, mais inexorable, vengeresse autant que violente, balayant tout le passé. La flotille madrilène repose dans les profondeurs de la Castille, brûlée de son soleil piquant... Quemar las naves... Brûler les navires... Ce soir j'ai une âme de matelot, brûlé d'un soleil déjà lointain, échoué sur une plage sans soleil...

Bonjour mon amour

Une ruelle calme...
Un message macadam...
Des gambettes...
Celles de Choupette...
Un moment tranquille...
Dans la fureur de la ville...

(Paris, Novembre 2013)





La femme bleue qui pleure... La femme aux yeux bleus que je pleure...

Milieu d'après-midi, samedi frais, lumière faible, je pénètre la salle d'exposition... Des années que je ne m'étais pas ainsi replongé dans l'univers de Bilal... Mais il ne suffit que d'un instant, d'un regard, et tout revient, tout refait surface, les émotions du passé qui resurgissent...
Ces traits encre de chine et gouachés, couchés sur le papier... Ses traits en creux, ses lèvres au goût de vigne, gravés dans mes pensées... Cette femme bleue Bilal qui m'en rappelle une autre aux yeux bleus Modigliani... Mon Dieu... Quand cela prendra-t'il fin?... Avec le temps, peut-être...
Quoiqu'il en soit, les planches sont fantastiques, les traits fondus dans les couleurs puissantes, l'émotion immense... Cette exposition "Mécanhumanimal, Enki Bilal" au Musée des Arts et Métiers, on y va, on y court, on y retourne s'il le faut!

"Mécanhumanimal, Enki Bilal"
du 04 juin 2013 au 05 janvier 2014
Musée des arts et métiers
60, rue Réaumur 75003 Paris
http://www.arts-et-metiers.net/musee.php?P=89&id=47

Le père

La paternité et la relation parent-enfant, la vie et la vieillesse, la maladie et la fin de vie... Une vérité crue, cruelle, drôle, tragique et déchirante..

Un jeu d'acteurs époustouflant et émouvant, pour une écriture incroyable... Une mise en scène intelligente et fine, où les décors et la lumière sont aussi des acteurs...

Je n'en dirai pas plus, sauf que c'est là certainement la meilleure pièce que j'ai jamais vue...


"Le père" de Florian Zeller (Jusqu'au 19 Janvier 2014)
Théâtre Hébertot – 78bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris
http://theatrehebertot.com/




Les cinglés du contrôle de sécurité m'emmerdent...

Aéroport, contrôle de sécurité... 120ml au lieu de 100ml, et en l'espace d'un instant, on devient un dangereux terroriste... Inspection du sac, poche par poche... Idem pour le portefeuille, billet de banque par billet de banque, carte de crédit par carte de crédit, au cas où un calibre chargé serait scotché derrière... Ma paire de lunettes est examinée avec soin, au cas où elle se transformerait en char d'assaut Nord-Coréen.... Face a mon appareil photo, cette question déroutante et pleine d'intelligence de mon employé hyper-zélé : "C'est quoi, un appareil photo?"... J'adore...

Ce matin, le petit chef de l'aéroport était sur les dents, les femmes à talons inquiétées, les hommes à ceinture suspectés... Nous y sommes tous passés... Ridicule... Mais franchement ridicule...

C'est pour vous

Je viens de composer le code de la porte de l'immeuble, c'est vendredi, la semaine est terminée. Machinalement, comme tous les soirs, je relève le courrier de la boîte aux lettres. Courriers sans intérêts... Quelques publicités... Mais aussi cette drôle de petite enveloppe, faite maison, sur laquelle sont inscrits ces quelques mots : "C'est pour vous". Et à l'intérieur, un petit pliage enfantin, d'un papier légèrement crème. Je dois certainement avoir une admiratrice de CM2 dans l'immeuble... C'est mignon... Ca me rappelle cette époque où tous les jours, dans la poche de mon blouson resté accroché à l'un des porte-manteaux du couloir de l'école, je retrouvais invariablement un petit cadeau d'une mystérieuse inconnue... Une gomme, un stylo, un carambar, ... Je n'ai jamais su qui elle était... Mais le temps a passé... Alors je vais essayer de présenter ma nouvelle admiratrice à mon fils, et moi, me concentrer sur sa maman!

It takes time in the morning for me to become George...

"It takes time in the morning for me to become George, time to adjust to what is expected of George and how he is to behave. By the time I have dressed and put the final layer of polish on the now slightly stiff but quite perfect George I know fully what part I'm suppose to play."


Chacun joue un rôle, chaque jour qui passe, se maquille et de soi efface toute trace... Mais au point du jour comme à sa fin, quand les spectateurs ne sont pas encore là ou que le tourbillon a enfin pris fin, on se retrouve pour de vrai soi, sans fard ni mensonge. Face à face quelquefois difficile mais salvateur. A ces moments là, on reconnait aussi ceux qui comptent vraiment pour soi. George a Charley. Raphaël a Sonia. So no need for jalousy, toi, tu sais, tu comptes beaucoup pour moi...



"A single man"
Un excellent film de Tom Ford...

Ma muse

Celle qui inspire, pour qui l'on créé, par qui l'on ose, la muse...
A la base, l'idée est un peu niaise, elle m'amuse....
Mais la vérité est de mise, son absence m'use...
Rien ne sert que je l'accuse, je l'ai abandonnée, ma muse...

Mais bien entouré, les mots reviennent, la vie reprend, l'envie renaît.
Merci à toi d'être là, comme je m'efforce d'être là pour toi.

Le principe de la liane

La liane a cette particularité de grandir en s’accrochant aux arbres. Elle ne cherche pas à nuire ni parasiter, c’est son mode de vie, mais aussi sa seule chance de survie. Accrochée à son arbre, elle peut voir la vie s’animer dans celui-ci. Les oiseaux qui nidifient, les petits mammifères qui s’agitent chargés de provisions, les fruits colorés qui se multiplient sur les jeunes rameaux.

A fréquenter un tel hôte de grande taille, elle se met à rêver, la liane, elle se met à rêver un destin similaire, fait d’écorce, de feuilles vertes et bouillonnante de vie. Alors, quand un jour vient à s’accrocher à sa longue tige un malin petit singe, doux et soyeux, parfumé d’aventure, aux grands yeux rieurs et au sourire enjôleur, elle croit son rêve devenu réalité, notre liane. Sa vraie vie va enfin débuter, riche de joie et forte de passion…

Mais soudain, sans prévenir, voilà déjà que notre malin petit singe attrape la liane voisine. A peine arrivé, il l’avait en fait déjà repérée, la prochaine liane, et ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne poursuive sa route, sautant ainsi de l’une à l’autre, sans fin. On ne peut se croire arbre quand on n’est que liane, et le fruit de la passion tant espéré se transforme invariablement pour elle en raisin amer…

C’est ça, le principe de la liane… La vie est une jungle… Quand on a échoué à s’y établir comme arbre, il vaut mieux y être malin singe que pauvre liane…

Old friend...

“Old friend, why are you so shy ? Ain't like you to hold back or hide from the light. I hate to turn up out of the blue uninvited, But I couldn’t stay away, I couldn’t fight it. (…) Nevermind, I’ll find someone like you. I wish nothing but the best for you too. Don’t forget me, I beg”


Oh, by the way, Old friend of mine, do you know why on earth she decided to shoot that video specially there?...
"Someone like You" (Adele, 2011)

Stockholm pride 2013




A l'occasion d'une semaine en Suède, je suis tombé par hasard sur la Stockholm Pride, oui la Gay Pride locale. Très festive, joyeuse, colorée, bon enfant, et peuplée de ravissantes blondes aux yeux bleus...

www.stockholmpride.org